Darumama
Le concept du continuum, la recherche du bonheur perdu

Le concept du continuum : résumé et critique du livre

Voilà un livre que j’attendais avec impatience de lire ! Après l’avoir vu recommandé par plusieurs personnes du monde de la périnatalité et de la parentalité, j’avais hâte de le lire. Le coeur de ce livre ? Parler du concept du continuum : cette continuité « naturelle » que nous devrions trouver après la naissance afin de nous développer de façon harmonieuse. 

Voici un bref résumé du livre Le concept du continuum avec ses idées phares et mon avis sur cette lecture. 

Un accueil mitigé

Lorsque j’ai commencé à parler du Concept du continuum sur mes deux comptes (@maneas_discoveries et @vivre_d_a_mour_et_de_livres), j’ai eu deux types de réactions diamétralement opposées. Le genre de livre qui ne semble pas laisser indifférent. 

Et je comprends cela. Ce livre m’a par moment plu énormément. Il reprenait des études scientifiques que j’avais découvertes lors de mes études de psychologie à l’université. Ou il se rapprochait de courants de pensée qui me plaisent : le respect de l’autonomie de l’enfant dès son plus jeune âge… 

Mais, vous le sentez venir, il y a un mais. Voire même plusieurs. Je vois 3 points négatifs principaux à cet ouvrage : 

  1. Ce livre partage certaines idées qui choquent ma conception de l’enfance et de la parentalité (ce qui m’est tout à fait personnel)
  2. Certaines idées vont parfois à l’encontre du consensus scientifique actuel,
  3. Et, régulièrement, l’autrice utilise des formulations et argumentations pour le moins douteuses sur le plan de la rigueur scientifique. 

Pour le second bémol, je tiens à préciser que la toute première édition de ce livre date de 1975… il faut donc l’appréhender avec les lunettes de l’époque.

Le concept du continuum

Résumé du livre « Le concept du continuum »

« Le concept du continuum : à la recherche du bonheur perdu » de son titre complet est un essai de Jean Liedloff. Dans les premières pages, cette autrice américaine nous emmène sur les traces de ses voyages dans la forêt amazonienne au Venezuela. Passionnée de voyage, une telle entrée en matière ne pouvait que me plaire ! 

Lors de ces voyages, elle rencontre et se passionne pour la tribu Yékwana (ou Yecuana). Et surtout ce contraste entre la vie de cette tribu et la façon dont nous vivons en Occident.

Elle y retourne à plusieurs reprises dans le but d’observer et d’apprendre leur mode de vie en société et, surtout, la façon dont ils élèvent leurs enfants. C’est là que lui vient l’idée du concept du continuum.

Le concept du continuum : qu’est-ce que c’est ?

« Le continuum humain peut être défini comme un enchainement d’expériences qui correspondent aux attentes et tendances de notre espèce, dans un environnement de même logique que celui où sont nées ces attentes et tendances. Cela implique un comportement adéquat vis-à-vis des autres acteurs dans cet environnement et une attitude appropriée de ceux-ci envers nous. »

Il y a ainsi selon le concept du continuum, gravé au plus profond de notre être, nos besoins fondamentaux en tant qu’espèce. Et ces besoins sont toujours les mêmes depuis la nuit des temps : notre environnement a évolué, mais notre espèce reste la même.

Le concept du continuum : chez les Yékwanas VS chez nous

Pour connaitre les besoins liés à notre continuum, il suffirait d’écouter notre instinct… mais celui-ci, déplore l’autrice, a été largement perdu et perverti par l’évolution de nos sociétés. Le raisonnement et les dictats des personnes de références en matière d’éducation viendraient donc s’interposer entre l’instinct du parent et son enfant.

Lorsque l’on voit le nombre de professionnels de la petite enfance qui recommandent (encore) de laisser pleurer les bébés, on comprend que l’autrice affirme que le bébé est devenu une sorte d’ennemi que les parents doivent vaincre.

Quand le continuum est respecté, le bébé baigne dans un sentiment de sécurité. Il se sent désiré et apaisé.

Quand le continuum n’est pas respecté

Quand le bébé ne fait pas des expériences qui vont dans le sens de son continuum naturel, il se crée un nouveau continuum. Il s’adapte pour donner du sens à ce qu’il vit et l’interprète comme « normal ». 

« Ce que le bébé va rencontrer et expérimenter juste après la naissance va déterminer sa perception de la vie. Le bébé n’a pas été préparé par la nature, par son continuum à se retrouver dans le néant, dans la “non vie”, perdu dans un panier rempli de tissu ou dans une boite en plastique (le couffin de la maternité) sans mouvement, sans son,  sans odeur ou sans sensation de vie. » 

(Jean Liedloff)

Quand le concept du continuum n’est pas respecté, le bébé ne se sent pas accueilli et/ou stimulé et/ou écouté… Il n’est pas reconnu, apprend qu’il n’est pas digne d’être écouté, respecté, aimé. Il partira, d’après cette autrice, avec ce biais dans son rapport au monde et à lui-même, et au coeur de son être : un profond sentiment de manque de confiance, une résignation à ne pas connaitre le bonheur.

Au coeur du concept du continuum : le portage

Et  coeur du concept du continuum : le bébé a besoin, dans une idée de continuité avec sa vie foetale, d’être porté et d’être en contact physique quasi permanent. Elle l’encourage de façon intensive pendant les 6 à 8 premiers mois.

Un bébé privé de portage ou bénéficiant d’un contact physique insuffisant serait selon elle privé de sa nature profonde. Ces manquements auront un impact sur toute sa vie : il sera toujours  à la recherche de la plénitude et du réconfort qu’il aurait dû ressentir étant bébé.

Le bébé humain a besoin de vivre certaines expériences sensorielles pour répondre aux attentes de son continuum, et ce sur 6 plans différents :

9 pratiques recommandées pour respecter le concept du continuum

Jean Liedloff liste quelques conseils à l’égard des parents pour respecter au mieux le continuum de leur enfant. En plus de laisser le raisonnement de côté pour revenir à son instinct et son bon sens, elle invite à : 

Critique du concept du continuum

Après ce résumé, place à mon avis. Je vais commencer par lister rapidement les points qui m’ont plus de ce livre… Même si vous avez déjà dû en repérer certains en lisant le résumé du concept du continuum !

5 points que j’ai aimés dans Le concept du continuum

Il y en a certainement d’autres, mais voici la synthèse des aspects positifs de ce livre à mes yeux. 

  1. Le fait que l’autrice cite des recherches scientifiques qui me parlent : la théorie de l’attachement, les études de Bowlby… 
  2. Les liens évidents entre ses propos et les concepts de motricité libre ou encore respect des capacités de l’enfant à cheminer vers son autonomie. 
  3. J’ai pu faire le lien avec le concept du continuum et la philosophie de Maria Montessori sur plusieurs axes. Comme « apprends-moi à faire seul ». Ou adapter les outils pour que les enfants puissent participer aux tâches quotidiennes. Ou encore exposer l’enfant à des conversations d’adulte et utiliser du vocabulaire réel (non enfantin)…
  4. Le lien entre le concept de continuum non respecté et les VEO. Ce terme n’existait sans doute pas à l’époque, mais le lien se fait tout naturellement. Laisser pleurer l’enfant, ne pas le considérer comme une personne à part entière, crier sur l’enfant… Ce sont des VEO et cela va à l’encontre du concept du continuum.
  5. La réflexion sur l’importance du lien entre les générations et du vivre ensemble… Et, à l’inverse, l’effet délétère sur toute la société du manque de considération d’une génération aux autres et vis versa.

11 points que je n’ai pas aimés dans Le concept du continuum

Après le positif, place à mes critiques négatives !

1. Bon sauvage, passéisme et appel à la Nature

Le positionnement de ce peuple comme étant « parfait » parce que non corrompus, proche du mythe du « bon sauvage ». Il y a pour moi plusieurs biais lié à ce parti pris. Comme celui de « L’appel à la nature » et du « c’était mieux avant » ou passéisme (avant la corruption de la modernité). Or la nature n’est ni bonne ni mauvaise : elle est amorale. Et tout n’était pas mieux avant. Il n’y a qu’à se pencher sur les droits des femmes, l’espérance de vie, ou encore la vision acceptable de la pédophilie à la Grèce Antique.

Si ces biais cognitifs vous intéressent, je vous invite à aller voir la vidéo de Chat sceptique « Pour en finir avec Mère Nature » ou encore celles de la Tronche en biais sur le sujet. Et concernant le passéisme, la vidéo d’e-penser sur « La musique c’était mieux avant » et celle de Max Bird « Idée reçue #51 – C’était mieux avant » permet de bien comprendre ce phénomène.

2. L’instinct maternel

Ce livre défend l’idée que l’instinct maternel est inné. Il s’exprime naturellement quand le continuum de la maman a été respecté quand elle était elle-même enfant. À l’inverse, elle reproduira ce qu’elle a vécu comme VEO… 

Cette argumentation est en fait particulière, car elle pourrait se « décrypter » dans le sens contraire également. Si la façon dont le bébé a « appris » à être materné influence la façon dont il maternera son enfant par la suite, cela peut soutenir l’idée que l’instinct maternel est acquis plus qu’inné. 

Cet argument n’est donc pas assez solide. Et la science elle-même n’est pas en mesure, d’après ce que j’ai pu lire (si vous avez des infos à ce sujet, ça m’intéresse), de trancher de façon claire à l’heure actuelle. 

3. Société « parfaite » et parfaitement genrée

La société Yékwana est décrite comme une sorte de paradis perdu (cf point 1). Ce qui, pour moi, donne lieu à certains malaises, comme lorsque la répartition des rôles, très genrés, est décrite. 

Les hommes chassent, les femmes cuisinent et maternent… La description de cette société très stéréotypée comme quelque chose de normal pour eux… rend cette normalité comme « positive » selon le point de vue de l’autrice. 

Un peu comme, dans un film ou un livre, des valeurs sont incarnées par différents personnages. Celles liées au « méchant » seront perçues souvent comme mauvaises. Et, à l’inverse, celles du héros seront vécues comme « les bonnes valeurs », celles défendues par l’autrice. Je ne dis pas que le livre du concept du continuum fait l’apologie des stéréotypes de genre. Mais je regrette qu’il n’y ait pas eu quelques mots de l’autrice pour mettre une distance ou une nuance à ce sujet. 

4. Des enfants qui n’ont pas besoin de pleurer

L’autrice explique que les enfants Yékwanas n’ont pas « besoin » de pleurer lorsqu’ils se blessent. Car ils ont été suffisamment maternés (besoins comblés, beaucoup portés) lorsqu’ils étaient petits. Elle oppose ces enfants sereins aux enfants occidentaux qui pleurent, voire « en rajoutent »… Parce qu’ils ont manqué de portage étant petit. Ils auraient ainsi besoin de maternage tout au long de leur vie pour combler ce manque. Elle pointe aussi du doigt le caractère calme et en retrait des parents lors des moments où l’enfant s’est blessé. Un comportement vu comme une preuve de confiance en l’enfant, dans sa capacité a gérer seul et à faire appel au besoin. Et à l’inverse, les adultes dans notre société sont à la fois trop angoissés et angoissants dans leur façon de réagir aux petits bobos du quotidien.

Je dois avouer que ça me laisse un peu perplexe. Je ne nie pas leur façon de fonctionner et à quel point cela leur convient… Mais de là à critiquer les pleurs des enfants comme étant « superflus », j’avoue ne pas accrocher. Au contraire, je pense que l’expression des émotions est saine. Et que le rôle de l’adulte est d’accompagner cette expression et de mettre du sens sur ce qui vient de se passer. Par exemple, en verbalisant la chute, par exemple, et les émotions que l’enfant pourrait ressentir. 

5. Les enfants à la périphérie

Dans le même ordre d’idée, l’autrice prône une place des enfants à la périphérie de l’attention des adultes. Et ce, afin de leur permettre de trouver leurs propres centres d’intérêt à leur rythme, sans pression, et ainsi de développer leur pensée propre et leur autonomie. Ainsi, les seuls moments où l’enfant devrait être le centre d’attention seraient ceux du change et des soins.

« Il serait très précieux d’envisager l’éducation de nos enfants non comme une activité mais bien au contraire comme une non-activité. Travailler, faire ses courses, cuisiner, marcher, converser, ce sont toutes des choses à accomplir, qui prennent du temps et qui sont des activités à part entière. Le bébé (et les autres enfants) suit simplement le mouvement ; il ne faut pas lui consacrer de temps, à l’exception de quelques minutes consacrées à le changer. Son bain peut avoir lieu en même temps que celui de sa mère. De même, allaiter n’exige pas l’interruption des autres activités. Il suffit d’oublier ses idées à propos du bébé-roi et de le considérer comme un être capable et intelligent dont la nature est d’apprécier les activités et la compagnie des adultes ».

(Jean Liedloff) 

Cette idée d’adulte disponible pour que l’enfant fasse appel à lui, mais jamais entièrement présent à son enfant m’interroge (sans parler de la notion de « bébé-roi » !)… Peut-être parce que ça ne correspond pas à ma pratique avec un tout jeune enfant ni à ma vision de la parentalité.

À mes yeux, l’enfant, même tout bébé, est une personne à part entière qui mérite de l’attention, une attention propre. Du face-à-face, des échanges de regard et de sourires avec le tout petit, avec quelques vocalises pour ébaucher les premières discussions, des jeux adaptés à ses besoins et capacités motrices et attentionnelles… Bref, du temps de qualité pour accompagner son enfant, pour créer un lien intime et puissant d’affection, de confiance et d’attachement.

6. Sage, chamane… et la félicité perdue

Dans le concept du continuum, il est fait mention à plusieurs reprises de chamane, gourou, sage (en faisant passer ces termes pour interchangeables)… Ces mots sont utilisés pour désigner des états de sérénité que seuls quelques adultes « éclairés » peuvent atteindre pour rejoindre le bienêtre qu’a connu le fœtus.

7. Le millefeuille argumentaire

J’ai trouvé la structure de ce livre est assez décousue, à l’image de l’avancée de l’autrice dans la compréhension de ce peuple au fil de ses voyages. On tourne parfois autour de certaines notions pour ne les creuser que plus tard, posant peu à peu les bases… ou en tout cas en donnant l’impression de le faire. Au fur et à mesure de ma lecture, j’ai ressenti plusieurs fois des petits malaises sans pouvoir concrètement mettre le doigt dessus. Puis je me suis rappelé une vidéo. (Oui, je regarde beaucoup de vidéo de zététique avec mon mari qui est passionné par ce sujet – si vous ne savez pas ce que c’est, cette conférence TEDx vous expliquera son intérêt). Et cette vidéo parle de 3 techniques de manipulation assez courantes dans les médias, dont le millefeuille argumentatif. 

Cette technique de rhétorique vise a submerger d’arguments, la quantité faisant office de qualité. L’ensemble donne une impression de consistance, mais analysé séparément, les arguments s’avèrent fragiles. Une sorte de château de cartes construit sur un sable mouvant.

8. Les formulations pseudo-scientifiques

Dans les points positifs présentés précédemment, je relevais la mention d’études et de travaux scientifiques que j’ai eu plaisir à retrouver dans le livre du concept du continuum. Mais, malheureusement, les exemples sont assez rares. 

À l’inverse, l’autrice fait souvent mention à des études sans dire lesquelles (juste « une étude prouve que… »), sans citer de sources. C’est vraiment dommage et nuit à la « qualité argumentaire » de son livre. Il y a moyen de le faire sans alourdir le texte, par exemple avec des notes référencées en fin d’ouvrage pour celles qui veulent aller plus loin.

Et, à côté de ces études vaguement mentionnées, j’ai trouvé certaines affirmations de l’autrice dérangeantes sur le plan scientifique. Elle recourt à plusieurs reprises à des formulations de type : « il faudrait faire des études pour valider cette idée, mais je suis à peu près certaine qu’elle est correcte », ce qui n’est pas très scientifique comme approche.

9. Une autre époque

Un reproche que je peux faire au livre sans vraiment le reprocher à l’autrice : l’ancienneté de son livre. Cela implique plusieurs biais (les connaissances et les mentalités de l’époque par exemple), mais surtout le manque de sources modernes… ce livre ayant été publié la première fois en 1975 !

De plus, l’autrice écrit certains mots qu’on n’oserait plus écrire de nos jours, je pense, comme ceux-ci (sur le thème du cododo) : 

« Beaucoup d’inquiétudes surgissent également à propos de la présence du bébé lors des relations sexuelles de ses parents. Chez les Yékwanas, sa présence est toute naturelle, comme elle a dû l’être pour nos ancêtres, pendant des millénaires.

Il se peut même que, en n’y assistant pas, il manque le lien psychobiologique important qui unit le bébé à ses parents. Frustré, ce désir se transformera en complexe d’Oedipe ou d’Electra, lui donnant envie de relations sexuelles avec le parent du sexe opposé. En réalité, l’enfant voudrait jouer son rôle passif de nourrisson, mais lorsque sa sexualité évolue et qu’il ne se souvient pas d’une participation passive, cela se traduit par une envie de participation active. Il serait utile d’étudier ce phénomène afin d’éviter ces complexes si culpabilisants et décevants. »

(Jean Liedloff)

Alors, dans cet extrait, on retrouve un beau « combo » : il y a notamment… 

10. La mère, parent principal… voire unique 

Le focus se fait quasi exclusivement sur la mère. Il y a, par moments, un certain élargissement aux autres membres de la société, mais sans place particulière au père (ou second parent). C’est la mère et la mère uniquement qui semble porter sur ses épaules (et dans ses bras) le poids de la préservation du concept du continuum de l’enfant. Les études plus modernes ont tendance à nuancer cette vision des choses, parlant par exemple de « caregiver » pour mentionner la ou les personnes prenant soin de l’enfant, et incluant de plus en plus le deuxième parent dans la dynamique familiale et la systémique autour du développement de l’enfant. 

11. L’instinct versus les « directives éducatives »

Le livre entier du concept du continuum est un appel à la Nature, de reconnexion à son instinct parental pour retrouver ce continuum perdu. Ce qui nous en empêche en tant que parent : 

L’autrice critique, à raison, les professionnels qui demandent aux parents de laisser pleurer leur enfant et de les porter le moins possible… Et met, de ce fait, tous les conseils professionnels dans le même panier. 

J’ai porte un espoir énorme en la science de l’éducation et les nouvelles découvertes psychologiques, neuroscientifiques, pédagogiques… qui soutiennent les parents dans une approche de parentalité positive. Je suis intimement convaincue que des professionnels de la santé peuvent éveiller les consciences et aider la société entière à revoir sa façon de considérer les enfants et leurs besoins. 

Oui, c’est important, en tant que parent mais aussi en tant qu’être humain, de s’écouter, de laisser s’épanouir sa voix intérieure. Mais ce n’est pas, à mes yeux, à opposer aux ressources qui existent autour de nous, dont les professionnels de la petite enfance qui, à travers des livres, des conférences… soutiennent des millions de parents de façon bienveillante.

En conclusion : mon avis sur le Concept du continuum

D’abord désolée pour la longueur de cet article. À la base je voulais en faire un post Instagram, ou deux ou trois…Puis, vu la longueur, je sentais la nécessité de poser ça sur un format plus posé. 

Ensuite, après avoir lu le résumé du concept du continuum et mes points positifs et négatifs… qu’en est-il au final ? 

Je trouve l’idée même du concept de continuum intéressante.  Il y a du bon et du moins bon dans ce livre… ce qui en fait un ouvrage encore plus dérangeant que si tout était à jeter à la poubelle. En effet, avec ma formation de psychologue et mon regard particulier quant à l’approche scientifique, j’ai pu prendre du recul face à certains passages, les remettre en question voire les repousser en bloc. 

Mais c’est déjà tellement difficile, en tant que parent, de faire le tri dans toutes les informations et tous les conseils que l’on reçoit… Le risque ici est de capter les bonnes et les moins bonnes (voire carrément mauvaises) idées de ce livre sans pouvoir faire la nuance. Car le concept du continuum est tellement encensé qu’il est difficile de le remettre en question. Ce qui rend ce livre dérangeant, voire dangereux. 

Je le trouve intéressant, sur le plan historique, de l’évolution de la conception de la parentalité de du développement de l’enfant, et c’est à ce titre là que je pourrais le recommander. Si vous cherchez des ouvrages prônant la bienveillance parentale, le portage, l’allaitement, le cododo… il y en a plein d’autres, plus modernes et mieux référencés pour vous documenter et soutenir votre cheminement de parent. (J’en présenterai plusieurs dans d’autres articles ; je pense notamment à des auteurs comme Catherine Gueguen, Isabelle Fillozat ou Rosa Jové).

Voilà pour mon avis sur le concept du continuum… qui n’est que mon avis ! Je serais curieuse de lire le vôtre dans les commentaires !

Commentaires

Amandine Legrand (9 octobre 2020)

Oui ! Le passage où le père pleure dans les bras de sa femme et qu’elle « endosse » le rôle de sa mère pour le cajoler ! Je n’en ai pas parlé - il y a tellement à dire ! D’un côté : cool, les hommes qui expriment leurs émotions, peuvent pleurer publiquement sans tabou apparent... de l’autre côté : maman de tout le monde, pilier qui soutient et console la tribu entière... et qui reste stéréotypée dans son rôle de femme maternante... Je pense que nos avis se rejoignent sur ce livre 😉 Ce que je trouve dommage, c’est de le voir encore si présent dans la sphère de la parentalité sans aucune nuance (ou de le voir présenté tout court ...). Bref, c’est pour ça que j’ai tenu à partager un avis différent , quitte à être contre courant. Merci pour ton commentaire 🙏😊😘


Tiphanya (9 octobre 2020)

j’ai eu ce livre entre les mains sur les conseils d’une maman qui le voit comme sa Bible (à le relire régulièrement). Je n’en avais jamais entendu parler et donc je l’ai découvert un peu par hasard (mais avec une grosse dose de suspicion, car c’est une maman sur laquelle je ne m’accorde pas sur de très nombreux points, mais pour elle c’était un livre surtout sur le portage). Comme je te le disais, je l’ai d’abord trouvé mal écrit, confus, il est difficile de comprendre où l’auteure nous emmène. J’ai également détesté cette façon d’encenser la tribu car proche de la nature, loin de toute influence néfaste – blanche. Le rapport aux pleurs m’a aussi beaucoup questionné. Ainsi je sais que dans de nombreuses communautés d’Afrique sub-saharienne les enfants ne pleurent pas, car les pleurs sont « négatifs ». On se fait d’abord « engueuler » avant toute autre chose. Pour moi un enfant qui a mal, va l’exprimer. Mais ce n’est pas parce que ça ne se dit avec des pleurs que l’enfant n’exprime rien. Du coup, je n’ai jamais présenté ce livre à qui que ce soit, car si l’intégration de l’enfant dans notre quotidien, cette continuité de la vie, me plaît, je ne veux pas propager certaines idées dérangeantes (et permettre au livre de continuer à être édité et vendu). Par contre j'avais complètement oublié la position de la mère. Mais maintenant que tu en parles, il y a un passage qui m'avait vraiment surpris où l'homme est mis au même niveau que l'enfant, avec la femme qui gère tout pour tout le monde... Ah, c'était tellement mieux avant, quand chacun avait sa place (berk, berk).


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *