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©Jenna Norman

Les Violences Éducatives Ordinaires (VEO) : qu’est-ce que c’est ?

J’ai envie de créer les premiers articles de ce blog à l’image de mes centres d’intérêt, de la parentalité positive et bienveillante que je souhaite prôner… Mais aussi de commencer en posant les bases afin de pouvoir, par la suite, parler de façon plus pointue de certains sujets. Et une des bases qu’il me faut poser, c’est celle des Violences Éducatives Ordinaires. 

Qu’est-ce VEO ?

VEO est l’acronyme de « Violences Éducatives Ordinaires ». On parle aussi parfois de « violences douces », des termes qui sont tellement antinomiques qu’ils semblent ne pas pouvoir s’associer.

Et pourtant, même si ce concept est peut-être nouveau pour vous, la probabilité que vous en ayez déjà vécues est proche de 100 %… tant en tant que victime que bourreau. Ces mots sont durs à lire, je m’en rends compte. Le but ici n’est pas de pointer du doigt ni de culpabiliser. Mais bien de changer notre regard sur l’enfance, la parentalité et l’éducation afin de changer les choses, ensemble, un parent à la fois, un enfant à la fois. C’est ça, le pouvoir magique d’internet, et surtout celui des mots sur les maux.

Origines du concept VEO

C’est entre la fin du XVIIIe et du XIXe siècle que des textes interdisant les châtiments corporels sur les enfants dans le cadre scolaire commencent à apparaitre en Europe. Notamment en Pologne, qui fut le premier pays à les interdire officiellement.

La Convention relative aux droits de l’enfant (votée par l’ONU le 20/11/1989) veut protéger l’enfant « contre toute forme de violence ». Et le Comité des droits de l’enfant défend le droit de l’enfant à l’intégrité physique « sans excepter aucun degré de violence contre les enfants ».

Deux personnes ont beaucoup contribué à faire connaitre le concept de VEO :

Personnellement, c’est le travail de Catherine Gueguen qui m’a permis de découvrir plus en profondeur ce concept et ses conséquences sur nos enfants et la société.

Définition de la Violence Éducative Ordinaire

Une Violence Éducative Ordinaire est une violence physique et/ou verbale qualifiée d’« éducative » parce qu’elle fait partie intégrante de l’éducation à la maison et dans tous les milieux de vie de l’enfant, dont l’école. Elle est dite « ordinaire » parce qu’elle est souvent quotidienne, considérée comme banale, normale et tolérée sinon même parfois encouragée.

(Catherine Gueguen)

Banales, elles le sont assurément quand on regarde les statistiques de l’OMS [1] à ce sujet :

Les VEO sont encore et toujours banalisées chez nous, là où dans d’autres pays elles ont été interdites et sont très mal vues. Par exemple en Suède, les châtiments corporels ont été interdits en 1979 (malgré 70 % d’avis défavorables dans la population à l’époque). Aujourd’hui, plus de 90 % de la population est favorable à cette loi. Et la Suède n’a pratiquement plus aucun décès d’enfants dû à la maltraitance à déplorer… Alors qu’en France il y a encore un enfant qui meurt sous les coups de ses parents ou d’un proche tous les cinq jours ! [2]

Conséquences des VEO

Les conséquences de VEO, surtout si elles sont combinées, et surtout si elles sont vécues tôt dans l’enfance, peuvent être hautement néfastes et avoir un impact sur le développement de l’enfant et toute sa vie d’adulte. 

Dans les effets les plus courants, on retrouve : l’augmentation du stress, une atteinte des capacités cérébrales, un impact sur les capacités d’apprentissages, ainsi que le développement de l’agressivité et de reproduction de la violence [3].

Et à l’inverse, des études ont été faites pour analyser les conséquences d’une enfance sans VEO dans les pays qui les ont interdites [4].

Je développerai plus en détail les conséquences de ces violences en m’appuyant sur les résultats des recherches en neurosciences.

Liste des Violences Éducatives Ordinaires

Vu la longueur de cet article, j’ai repris la liste des VEO dans un autre article pour plus de clarté. Vous y trouvez les violences physiques et psychologiques, mais aussi culturelles, et celles dites « violences douces ».

Je vous conseille vraiment d’aller lire cette liste, je suis convaincue qu’elle vous interpellera tout comme elle m’a véritablement chamboulée.

Les VEO, une fatalité ?

Ce titre reprend le découragement de certain·es devant l’ampleur, d’une part, de cette liste (« on ne peut plus rien faire avec son propre enfant ! »), et celle, d’autre part, de la généralisation du phénomène. Les VEO, vu leur caractère ordinaire, sont banalisées, rarement voire jamais dénoncées ni poursuivies… En tout cas dans nos pays comme la France et la Belgique. 
Mais ce n’est pas comme cela partout ! Comme souvent, les pays du nord de l’Europe ont montré l’exemple.

Et il est possible, à titre personnel, de briser le cercle vicieux des VEO et d’offrir à nos enfants un autre modèle parental et une autre éducation. J’en parlerai plus en détail dans un prochain article.

Ressources pour aller plus loin

Le site de l’OVEO propose une série de livres sur le sujet, notamment :

Des ressources et outils (dépliants, diaporama, films) sont également conseillés sur le site de l’OVEO.

Et, du côté des sites internets, outre celui de l’OVEO, il y a également ces sites-ci : 

Sources et commentaires

  1. « Rapport mondial sur la violence et la sante », de l’OMS (2002)
  2. Chiffre tiré du rapport du 25/04/2019 de l’IGAS (l’Inspection générale des affaires sociales), en partenariat avec l’IGJ (l’Inspection générale de la justice) et l’IGAENR (l’Inspection générale de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche). L’enquête a recensé les meurtres d’enfants traités par des juridictions françaises entre 2012 et 2016, soit 363 décès.
  3. Etudes scientifiques sur les effets de la violence éducative ordinaire
  4. Liste des pays abolitionnistes

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