Darumama
© Khadeeja Yasser

La parentalité bienveillante commence… avec soi-même !

Si vous êtes arrivés sur ce site, c’est que la parentalité bienveillante, positive et consciente vous intéresse. Or, être bienveillant, c’est une attitude qui devient peu à peu une philosophie de vie. Philosophie qui imprègne tous les domaines de sa vie, toutes ses relations… y compris la relation à soi-même. Car comment faire preuve d’indulgence, de compassion, d’empathie, de bienveillance… quand on n’a pas, avant tout, de la bienveillance envers soi-même ? 

Être bienveillant envers soi-même ? La base !

L’autocompassion ou la bienveillance envers soi-même : cela vous parle ? Ce socle de base est souvent oublié, tant dans la pratique de l’éducation bienveillante qu’au quotidien. Épuisement parental ou burnout parental, ce sont des termes dont on entend de plus en plus parler. C’est loin d’être anodin. Avant d’aller plus loin, prenons deux secondes pour poser les bases de ce concept à l’aide d’une image, celle du masque à oxygène.

Le masque à oxygène

La métaphore du masque à oxygène est très simple à visualiser. Dans un avion, en cas de dépressurisation, les instructions sont claires. D’abord s’occuper de mettre son propre masque à oxygène avant de s’occuper de celui d’une personne ayant besoin d’assistance. Penser à soi d’abord. 

Égoïste ? 
Non ! 

C’est de l’altruisme sur une vision long terme. Si l’on fait passer l’autre avant soi, le risque est de se retrouver soi-même à court d’oxygène, et ainsi de ne plus être capable d’aider les autres.

L’un des facteurs de risque de burnout parental est l’isolement du ou des parent(s), le manque de ressources sociales. Quand on ne peut pas passer le relai, remplir son réservoir d’affection et d’interactions sociales, on a tendance à donner plus que ce que l’on est capable. 

À côté de l’importance « du village pour élever un enfant », un autre facteur protecteur contre l’épuisement parental est la compassion et la bienveillance que nous nous adressons à nous-mêmes. Être indulgent, tendre, doux, compréhensif, attentif, attentionné… Bref, se regarder comme l’on regarderait un être cher dont on a envie de prendre soin. 

S’aimer et se traiter avec respect, amour et bienveillance… c’est loin d’être facile, mais, bonne nouvelle, cela s’apprend !

5 bonnes raisons d’appliquer la bienveillance envers soi-même 

L’autocompassion, l’attitude contre le stress et la négativité

En étant bienveillant, en faisant preuve d’autocompassion, on coupe court au circuit de l’autocritique et de la libération de l’hormone de stress. C’est le jeu des dominos qui est stoppé avant même de commencer. Un cercle vicieux évité. 

La bienveillance envers soi-même, la première étape pour changer

Dans l’esprit de beaucoup d’entre nous, la bienveillance envers soi-même est teintée négativement. Soit elle est vue comme de l’égoïsme ou de l’égocentrisme, ce dont nous avons parlé plus haut. Soit comme de l’apitoiement.

Pourtant elle n’est aucune de ces deux attitudes ! L’autocompassion nous permet d’être même davantage connectés au monde réel. Nous ne sommes pas dans le « faire semblant » pour faire plaisir aux autres. Ni dans « je m’oublie, parce que je ne suis pas intéressant ». Mais dans une troisième voie, où le monde intérieur et extérieur sont en relation de façon saine et constructive. Avec cette posture, nous sommes beaucoup plus à même de réagir de façon mature face aux situations. La bienveillance envers soi-même est une condition importante à la prise de décision et au changement, car elle est basée sur l’amour et non sur la peur.

Bienveillance envers soi-même : un modèle pour son enfant

Dans nos sociétés, la bienveillance et la compassion envers les autres sont souvent très bien considérées. Être gentil, comme on dit simplement. 

Et comment apprendre à son enfant à être empathique, à l’écoute, adéquat dans ses relations aux autres ? Par l’exemple que nous donnons, comme toujours. 

Or, quel bel exemple nous pouvons incarner en leur montrant que nous prenons aussi soin de nous !
Que nous sommes faillibles, mais que ce n’est pas grave. 
Que nous ne savons pas tout, et que c’est tant mieux. 
Que nous avons besoin d’amour et de prendre soin de nous-mêmes pour être des adultes épanouis et équilibrés… 
Le genre d’adulte que nous rêvons de voir devenir nos enfants, en somme !

Avoir un regard bienveillant sur son histoire et se réconcilier avec son enfant intérieur

Être bienveillant avec soi-même, cela se joue au présent, mais cela se conjugue aussi au passé. Penser à qui on était, à ce que l’on a vécu, ce que l’on a réussi ou non, accompli ou non, osé ou non… Penser à toutes ces étapes qui nous ont fait devenir qui nous sommes aujourd’hui, dans une visée constructrice, déterminante, mais non déterministe, et surtout non jugeante.

Personnellement, j’ai passé une bonne partie de mon enfance et de mon adolescence si pas à me détester, à me diminuer et me mépriser. Je n’aimais pas mon corps, je n’aimais pas mon prénom, je n’aimais pas mon manque d’assurance, je pensais manquer d’intelligence, être inférieure, avoir moins de valeur que les autres… Un cercle vicieux qu’il m’a fallu des années pour visualiser, comprendre, accueillir… avant de pouvoir le dépasser. 

D’abord en prenant de la distance. Ensuite en embrassant toutes les pièces qui forment mon puzzle. Je suis tout cela, et bien plus encore. J’étais tout cela, et cela fait partie de mon passé. Je peux décider de regarder cela avec indulgence. Je ne savais pas ce qui m’empêchait de m’aimer. Ni comment dépasser cela. J’ai grandi, muri, voyagé, vu d’autres façons de vivre et de penser… Et j’ai appris, un jour après l’autre, à accueillir cette enfant que j’étais, cette ado que j’étais, cette adulte que je suis.

Avoir un regard bienveillant sur son éducation et se réconcilier avec ses parents

À force de travailler cet amour de soi pour son enfant intérieur, on en vient aussi à étendre cet amour et cette indulgence à ses parents. Presque tous (si pas tous), nous avons connu étant petit des VEO (Violences Educatives Ordinaires). Elles ne portaient pas encore ce nom. On n’en parlait pour ainsi dire pas. Internet et les réseaux sociaux n’avaient pas le même rôle qu’aujourd’hui dans l’accessibilité de l’information. Autre époque, autres moeurs. Mais toujours des parents. Des parents qui ont surement essayé de faire de leur mieux, avec leurs limites personnelles et leurs connaissances de l’époque.

Accueillir son enfant intérieur, c’est accueillir les émotions qu’il a connues à l’époque. Particulièrement face à l’injustice. Car les VEO sont profondément injustes, basées sur un rapport de force, au détriment de l’enfant… et de la relation. Alors oui, c’est normal d’être en colère. C’est même un passage presque obligé pour pouvoir reconnaitre son passé et les émotions qui y sont liées. Mais rester dans la colère n’est pas constructif. 

Comprendre ses parents une fois devenu parent

Une fois qu’on devient parent, on a tendance à être bien plus compréhensif envers ses propres parents. Ce n’est qu’une fois parent à notre tour que l’on prend conscience de l’ampleur énorme de ce rôle. Le rôle d’une vie entière, et dont les premières années sont particulièrement chargées en ascenseurs émotionnels, remises en question, fatigue, doutes… 

L’idée n’est pas d’excuser ni même de pardonner. Mais de tenter de faire preuve d’empathie. Et l’empathie envers son parent n’empêche pas de rester connecter à son enfant intérieur. Ce sont deux réalités différentes, comme deux facettes d’une même pièce que l’on peut enfin admirer sous tous ses angles avec le recul de la maturité et de la parentalité. 

Et faire ce travail d’acceptation de son enfant intérieur blessé et de compréhension envers son parent permet d’être davantage conscient des patterns qui nous habitent, des schémas que nous avons intériorisés durant notre enfance. Une prise de conscience nécessaire pour ne pas être coincé-e dans la répétition des VEO d’une génération à l’autre.

Bref, reconnaitre, accueillir les émotions, et si possible, les sublimer. Avoir comme visée ultime la résilience. Rebondir et même réparer, une fois adulte, les dommages de l’enfance, comme le manque d’attention ou d’affection dont on a pu souffrir.

Bienveillance et autocompassion : apprendre à s’aimer pour aimer librement

Apprendre à aimer… si ça sonne comme une musique, c’est aussi parce que ces mots sonnent juste. L’amour s’apprend. La façon d’aimer et de s’aimer s’apprend. Par l’exemple, les expériences de la vie, les lectures… sans oublier la conscience et la volonté. Car si beaucoup s’apprend durant la petite enfance, rien n’est joué pour autant. Nous pouvons réparer, modifier, transformer notre héritage et réfléchir en toute confiance à ce que nous souhaitons léguer à nos enfants, et surtout comment. 

Apprendre à aimer, apprendre à s’aimer : sans doute les plus beaux apprentissages que nous pouvons faire en famille.

Et vous, comment conjuguez-vous ces apprentissages au quotidien ? Parvenez-vous à faire preuve de bienveillance envers vous-même ?

Sources et ressources

Des ressources pour poursuivre la démarche

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