« Votre enfant devant les écrans : ne paniquez pas ! » : 7 points à savoir

votre enfant devant les écrans
Enfant devant un écran (©Kelly Sikkema)

Après avoir publié le résumé et ma critique les livres Le concept du continuum et Voyager avec un bébé… en voici un troisième ! Avant de me plonger dans une autre de mes lectures en cours, je réponds à ma promesse de vous faire un retour sur cet ouvrage. « Votre enfant devant les écrans : ne paniquez pas ! – Ce que disent vraiment les neurosciences », de Nicolas Poirel. Un livre vraiment éclairant, concret et basé sur les dernières études scientifiques sur le sujet. Alors, les écrans : danger ou allier ? 

Résumé du livre « Votre enfant devant les écrans : ne paniquez pas ! »

… Ou du moins, c’était mon intention ! Mais résumer ce livre me pose deux soucis : 

  • c’est extrêmement difficile de résumer un enchainement d’études sans cibler uniquement les conclusions qui en émergent.
  • Et le deuxième souci découle directement du premier. En ne vous donnant que les conclusions, le consensus scientifique actuel, vous perdriez beaucoup du message de ce livre. Chaque étude partagée est passionnante et est partagée avec beaucoup de soin et de rigueur afin d’apprendre à interpréter les résultats de façon factuelle. Une vraie initiation à la zététique, à la démarche scientifique ainsi qu’une mise en garde contre les « fake news ».

J’ai donc décidé de ne pas vous en faire un résumé exhaustif, mais plutôt d’en ressortir 7 informations qui m’ont le plus marquée. 

votre enfant devant les écrans
Votre enfant devant les écrans : ne paniquez pas !

De quels écrans parlons-nous ?

Avant de le faire, un petit point sur la structure du livre me semble intéressant. « Votre enfant devant les écrans : ne paniquez pas ! » est divisé en 5 parties principales. La première et la dernière sont là pour cadrer ce livre. 

Première partie : « Une démarche scientifique objective » 

Le but de ce premier chapitre est de répondre à certaines questions : 

  • comment débusquer les « fake news »
  • pourquoi les résultats de métaanalyse ont plus de poids que les conseils de Tata ou du voisinage… 
  • et vous aider à vous familiariser avec la démarche scientifique 

Dernière partie du livre : « Comment nous comporter avec nos enfants »

Un chapitre très intéressant pour prendre du recul face à tous les résultats d’études. Il propose une sorte de « boussole » pour guider les parents dans leur relation à leur enfant et leur attitude face aux écrans. 

Les trois parties centrales, quant à elles, sont chacune dédiées à un type d’écran particulier. Car, et c’est un des reproches principaux de l’auteur : de quoi parlons-nous lorsque l’on parle d’écran ? Chaque type d’écran induit un rapport différent : passif, actif, à regarder seul ou ensemble… 

3 types d’écrans

Les trois types d’écrans étudiés sont : la télévision, les supports tactiles et les jeux vidéos

La télévision 

Dans ce chapitre, l’auteur s’attaque à deux grandes questions :

  • La télévision est-elle liée (et responsable) de troubles du langage ?
  • La télévision est-elle un média intéressant pour apprendre ?
Les supports tactiles : tablette et smartphone

L’auteur se pose deux questions principales :

  • Les supports tactiles peuvent-ils aider à l’apprentissage des fondamentaux scolaires ?
  • Et l’avènement des tablettes et smartphones signifie-t-il qu’il faille abandonner les livres ?
Les jeux vidéos

Souvent extrêmement critiqués dans notre société, sans doute encore plus que les deux types d’écrans précédents, les jeux vidéos sont également un sujet d’étude intéressant. Les 3 questions analysées ici sont : 

  • Les jeux vidéos rendent-ils violent ?
  • Quels sont les dangers (ou avantages) des jeux en réseau ? 
  • Et peut-on utiliser les jeux vidéos dans un but thérapeutique ?

Un mot sur l’auteur : Nicolas Poirel

Avant d’aller plus loin, je voudrais poser quelques mots concernant l’auteur de ce livre. Cela me parait intéressant pour donner un cadre et respecter la vision scientifique de cet ouvrage. 

Nicolas Poirel est professeur de psychologie à l’université de Paris et chercheur en neurosciences cognitives chez l’enfant et l’adulte. Il travaille au sein du laboratoire de psychologie du développement et de l’éducation de l’enfant, dans une unité de recherche CNRS.

7 faits intéressants à propos des écrans

1. La télévision : pas aussi diabolique qu’on le pense !

Différentes instances déconseillent, voire interdisent, l’écran avant 2 ans (ou 3 ou 4 ans). Je répétais d’ailleurs toujours à mon mari « Pas d’écran avant 4 ans, c’est connu ! ». L’auteur, en se basant sur les études scientifiques, est beaucoup moins alarmiste… et même rassurant à ce sujet.

« Contrairement aux idées reçues, les effets négatifs (de la télévision) sont à relativiser, à tous les niveaux, car présents uniquement dans les cas extrêmes. Chez le jeune enfant, les effets positifs sont également assez minimes, voire inexistants. »

Nicolas Poirel (« Votre enfant devant les écrans : ne paniquez pas ! »)

Les cas extrêmes dont il est fait mention ici sont des enfants de 4 ans qui étaient 7h par jour devant la télévision. (Je ne sais même pas comment c’est mathématiquement possible !).

Finalement, le plus important, c’est de ne pas laisser son enfant devant un écran seul… Mais, ajoute l’auteur : 

« quand il n’y a pas d’autres possibilités, les recherches indiquent clairement qu’il n’y aura pas de séquelles à le laisser seul pendant quelques heures, mais bien évidemment il faut toujours privilégier les situations d’accompagnement. »

Nicolas Poirel (« Votre enfant devant les écrans : ne paniquez pas ! »)

2. Comment « bien regarder » la télévision 

Plusieurs pistes sont proposées aux parents dans le livre « Votre enfant devant les écrans : ne paniquez pas ! ». 

  • Regarder la télévision ensemble (attention conjointe, moment de détente et de plaisir partagé)
  • de façon raisonnable
  • en alternance avec d’autres activités
  • et pas en bruit de fond

Pour rebondir sur ce dernier point, la télévision allumée en bruit de fond s’accompagne de deux grands problèmes : 

  1. elle nuit à la concentration (tant chez l’enfant que l’adulte)
  2. et elle produit une altération des interactions entre un parent et son enfant. 

3. Apprendre avec une tablette

Des études ont prouvé que les écrans de types tablettes pouvaient être des supports d’apprentissage pour les enfants. Ça ne veut pas dire qu’elles doivent l’être ni qu’elles doivent absolument remplacer le papier. Mais, 

« utilisée à bon escient, la technologie numérique peut se révéler une aide précieuse pour les enseignants ».

Nicolas Poirel (« Votre enfant devant les écrans : ne paniquez pas ! »)

4. Mémoriser avec du papier

Les études actuelles tendent à démontrer que la mémorisation et la compréhension sont plus performantes avec un support en papier qu’avec un support numérique. Et ce, quelle que soit la génération étudiée. 

Deux notions sont importantes pour comprendre ce rapport au papier privilégier à celui des écrans : 

  • les ancrages visuoattentionnels 
  • et à la notion d’informations kinesthésiques (ancrage sensorimoteur). 

Avec une feuille de papier, ces ancrages seraient plus importants. Et il est reconnu qu’ils sont des facilitateurs à la mémorisation. 

L’auteur termine ce passage en disant qu’il serait intéressant de « former », enseigner aux élèves comment bien étudier sur un écran. De nouvelles stratégies, de nouvelles façons de mémoriser sont possibles… Sans parler de la nécessité de revoir les supports. En effet, la transcription pure et simple du texte papier sur un écran ne semble pas être la façon la plus intéressante de faire…

5. Non, jouer aux jeux vidéos ne rend pas violent !

Dans ce livre « Votre enfant devant les écrans : ne paniquez pas ! », l’auteur insiste beaucoup sur la différence entre le lien de corrélation et causalité ainsi que cause et symptôme. 

Causalité / corrélation ? Cause / Symptômes ?

Deux choses peuvent être reliées entre elles sans pour autant que l’une découle de l’autre ou inversement.

Corrélation ou causalité ? 

Voici un exemple typique qui fait sourire tout le monde en amphithéâtre, qu’un professeur avait raconté lors de mes études. Les personnes qui dorment avec leurs chaussures aux pieds ont plus de risque de se sentir nauséeuses le lendemain matin. 

  • Si c’est une relation de causalité, on peut déduire que porter ses chaussures en dormant rend malade. 
  • Si c’est une corrélation, on peut chercher un autre facteur qui serait lié à ces deux faits… Par exemple le fait de rentrer chez soi éméché après une nuit de fête ! Le lien de causalité est à chercher ailleurs !
Cause ou symptôme ?

Les adolescent·es sont souvent pointés du doigt. « Toujours derrière leur écran, c’est pour cela qu’ils sont mal dans leur peau ! » Pourtant, nous dit l’auteur : 

« Passer du temps sur Internet et ses réseaux sociaux serait éventuellement un symptôme, mais rarement une cause de dépression ou de malêtre à l’adolescence. »

Nicolas Poirel (« Votre enfant devant les écrans : ne paniquez pas ! »)

Les jeux vidéos et la violence

Des articles de presse partagés massivement il y a quelques années parlaient de causalité entre jeux vidéos et violence. L’auteur, ici, nuance en décortiquant les résultats et surtout les faiblesses des études citées, pour remettre les choses en perspective. 

Non, les recherches actuelles sont formelles : il n’y a pas de lien (ni corrélation ni causalité) entre jeu vidéo et désensibilisation à la violence. 

« Le mythe de la désensibilisation à la violence et de la diminution de l’empathie lié aux jeux vidéos violents semble ne plus être défendable. (…) Que ce soit en réseau ou seul, les jeux vidéos offrent en revanche certains avantages, et présentent aussi bien des effets bénéfiques au niveau des capacités cognitives qu’une possible aide dans le cas de pathologies. »

Nicolas Poirel (« Votre enfant devant les écrans : ne paniquez pas ! »)

6. Les bienfaits des jeux vidéos

Oui oui, vous avez bien lu ! Non seulement ils ne sont pas dangereux, mais en plus ils ont des bienfaits ! 

« (…) les jeux vidéos peuvent avoir des effets positifs, parfois surprenants, chez l’enfant, mais également chez l’adulte. Qu’ils soient utilisés sur tablette, smartphone, ordinateur ou console, les jeux d’action peuvent en particulier aiguiser les réflexes et améliorer les capacités attentionnelles, avec un effet de transfert de ces aptitudes à d’autres domaines comme la mémoire de travail, la lecture ou même l’acuité visuelle. »

Nicolas Poirel (« Votre enfant devant les écrans : ne paniquez pas ! »)

Et des effets positifs des jeux vidéos ont également été mis en évidence pour aider des enfants dyslexiques.

7. Multitâche et simultanéité

Le livre « Votre enfant devant les écrans : ne paniquez pas ! » met en garde néanmoins contre un phénomène très courant : l’utilisation simultanée d’outils numériques. 

On sait que le téléphone est un outil tellement multifonctionnel que son « option téléphone » est presque oubliée. Et que jeter un oeil sur son téléphone tout en regardant une série est assez banal… 

Mais une étude rapporte le lien entre la fréquence d’utilisation simultanée régulière d’outils numériques et les difficultés à résister aux distractions visuelles. À l’inverse, les utilisateurs·trices qui ne font qu’une seule chose à la fois avec un écran (une seule activité sur leur smartphone par exemple) affinent leur fonctionnement attentionnel.

Le problème n’est donc pas « les écrans », mais comment nous les utilisons !

Remarque

Alors que je viens de terminer l’écriture de cet article, je suis en train de visionner le reportage « Derrière nos écrans de fumée ». Je me rends compte que le livre « Vos enfants devant les écrans : ne paniquez pas ! » parle des écrans, passifs et actifs… mais ne parle pas de réseaux sociaux.

La question des réseaux sociaux et de l’utilisation d’Internet de façon générale est, à mes yeux, un point à part. Je pense que cela demande un véritable accompagnement, pour aiguiser l’esprit critique sur ces outils, leur potentiel et leurs dangers (fake news, cyberharcèlement, recherche d’approbation constante…). 

Accompagner son enfant face aux écrans

Interdire tout écran dans la société actuelle est à la fois très compliqué et sans doute un non-sens. Pour l’auteur, 

« la clé d’une bonne « santé numérique » réside dans l’accompagnement de son enfant dans ce monde dématérialisé ».

Nicolas Poirel (« Votre enfant devant les écrans : ne paniquez pas ! »)

Discuter, s’intéresser, participer… 

Et je termine cet article par les derniers mots du livre « Votre enfant devant les écrans : ne paniquez pas ! »

« Soyez attentif et curieux, évitez les biais cognitifs, faites appel à la démarche scientifique. Pour ne pas paniquer, échanger et avancer sereinement avec vos enfants. »

Nicolas Poirel (« Votre enfant devant les écrans : ne paniquez pas ! »)

J’espère que cet article vous plaira autant que j’ai adoré dévorer ce livre. Je l’ai trouvé très pertinent, rassurant et stimulant. Et vous, qu’en pensez-vous ? Quelle est votre approche concernant les écrans et allez-vous l’adapter après avoir vu ces résultats d’études scientifiques ?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *