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Faut-il faire croire au Père Noël ?

Un sujet qui suscite souvent beaucoup de réactions vives et passionnées : faut-il faire croire au Père Noël ? Que dire à son enfant ? Quelle position adoptée face à la famille ? Je vais, dans cet article, vous partager ma réflexion et mon approche personnelle. Je vous invite à me partager la vôtre dans les commentaires, toujours avec respect et bienveillance des divergences d’opinions. Parce que c’est ça aussi, l’esprit de Noël : la bienveillance et l’acceptation de tous·tes, avec nos différences. 

Attention, on parle du Père Noël ! 

Voilà bien un personnage qui ne laisse pas indifférent… Mais plus que le personnage, c’est le positionnement face à son mythe qui vient soulever les passions. Car ce personnage bedonnant suscite le plus souvent des sourires sur tous les visages, que l’on y croie ou pas. 

Par contre, parler d’éducation et d’approche parentale, avec l’idée de faire croire au Père Noël ou pas… là, cela devient plus compliqué ! Alors, avant de me lancer dans le vif du sujet, j’aimerais poser deux petites remarques préliminaires.

C’est un sujet qui m’a été beaucoup demandé sur Instagram, tant sur mon compte @darumama_psy_parentalite que sur @vivre_d_amour_et_de_livres

Aparté (1) : pas une vérité

Je n’ai pas la vérité absolue ! Il n’y a pas une seule façon de faire.

Je vais vous partager mon approche, construite en conscience, sur base de réflexions de couple et de lecture, notamment avec l’approche de la pédagogie Montessori sur la question.

Aparté (2) : la question du pourquoi

Avez-vous remarqué que l’on n’a tendance à ne questionner que ce qui dévie de la norme ? Ainsi, la femme qui déclare ne pas vouloir d’enfant va être passée à l’interrogatoire, sous le poids des étonnements (et pressions) de la société. Et, à l’inverse, on demande rarement à des (futurs) parents pourquoi ils veulent un enfant… 

Pourquoi cette différence d’approche ?
Car avoir un enfant semble couler de source. Cela fait partie de nos représentations et normes sociales

Et c’est pareil pour décider de faire croire ou non au Père Noël ! Seuls les parents qui vont faire le choix de ne pas faire croire au Père Noël vont être questionnés, voire subir une pression sociale. 

Pourtant, se poser la question du pourquoi, que notre décision aille dans le sens de la norme ou non est tellement riche et intéressant !

Pourquoi : une question qui touche à nos valeurs et représentations

La question du pourquoi « creuse » en nous pour toucher à nos valeurs et nos représentations plus ou moins conscientes.

La question de « pourquoi je veux ou non faire croire au Père Noël » vient toucher à : 

  • ce que représente pour nous de croire en la magie de Noël et du Père Noël
  • ce que représente pour nous Noël
  • notre histoire : comment est-ce que nous vivons et avons vécu les fêtes de fin d’années, 
  • notre rapport à Noël, que nous soyons croyant ou non, religieux ou non
  • ce qu’on veut transmettre à notre enfant…

La question que nous pouvons tous nous poser est : 

« Quelles sont mes expériences de vies, mes représentations et mes valeurs liées au Père Noël et à la fête de Noël ? »

Pour ou contre faire croire au Père Noël ?

Noël, c’est le folklore, les coutumes, le sapin, les lumières, les cadeaux… et le vieux monsieur en rouge fait partie du tableau !

Pour ou contre ? Faut-il faire croire ou non au Père Noël ? Voici les grands arguments avancés par chaque « position ».

Pour : faire croire au Père Noël

Souvent, dans le discours de celleux qui vont décider de faire croire au Père Noël, on va retrouver deux grandes notions.

  • Le volet traditions, culture et coutumes : « on a toujours fait comme ça », « j’ai vécu ça et j’ai apprécié », « ça fait partie de mon histoire »
  • Et celui de la magie : le Père Noël est associé à la magie de Noël

Contre : ne pas faire croire au Père Noël

Et du côté de celleux qui décident de ne pas faire croire au Père Noël, on retrouve souvent les 4 idées suivantes : 

  • Faire le focus sur la relation de confiance. C’est souvent au cœur de leur argumentation ; mais,  cela ne veut pas dire que les parents qui font croire au Père Noël ne pensent pas à la relation ! (La magie de Noël est souvent associée à cette idée d’union familiale)
  • Ne pas mentir… ni partir dans des explications rocambolesques sans fin pour faire coller le mythe a la réalité. (Et s’il n’y a pas de cheminée ? Et s’il y a du feu dans la cheminée ?)
  • Don, reconnaissance et réciprocité. Le fait de ne pas croire au Père Noël qui apporte les cadeaux permet aux enfants de comprendre l’idée du cadeau qu’on donne (gratitude) et du plaisir d’offrir. Cela permet à l’enfant d’identifier les personnes qui ont pensé à lui avec un cadeau. 
  • Et, enfin, cela n’enlève pas la magie : parler du Père Noël comme d’un personnage fictif n’enlève pas la magie ! La preuve : Harry Potter ! Le côté prétendument réel n’est pas indispensable pour préserver la magie.

Deux visions, sans opposition !

Ces deux approches ne s’opposent pas : ce ne sont pas des clans qui s’affrontent ! Mais, malgré tout, il peut y avoir des tensions familiales quand différentes approches ont été choisies au sein de la même famille (au sens famille élargie : avec les grands-parents, oncles et tantes, cousin·es et cousines…).

Souvent, les parents qui décident de faire croire au Père Noël ont peur. Ils craignent que les parents qui ont décidé de ne pas y faire croire (ou leurs enfants) aillent divulguer la vérité et briser la magie.

Or, dans l’idée de prôner le respect auprès de son enfant, nous pouvons lui apprendre qu’on respecte les autres et leurs idées ou croyances. Les pensées de l’autre sont importantes. La « cohabitation » dans le respect est possible. 

Et un enfant qui grandit dans un environnement où la loi du plus fort, du plus grand, du plus intelligent… n’est pas de mise n’aura pas la volonté de « briser » la magie de l’autre enfant en lui disant la vérité. Alors que c’est davantage le cas dans les cours de récréation entre enfants qui y croyaient et ont découvert la vérité. Savoir devient alors synonyme d’être grand… Et donc être petit, c’est être crédule, bête… La tentation de « montrer comme on est grand » aux autres enfants peut être présente, et passer par « la grande révélation ».

Dire la vérité et ne pas faire croire au Père Noël

Personnellement, nous avons eu des discussions avec mon mari avant même la naissance de notre enfant. Mon co-parent avait une position très tranchée sur le sujet et ne voulait pas faire croire au Père Noël. Mon avis était beaucoup moins tranché et surtout moins construit, car je n’y avais pas vraiment réfléchi. Cela m’a donné l’occasion de me renseigner, de lire, d’échanger avec mon co-parent et d’autres parents sur le sujet… 

Un article en particulier a étayé ma réflexion, celui du blog (en anglais) The Montessori Family. La philosophie Montessori y est vue comme une approche de l’enfant et de la vie, plus que tout un attirail de matériel à avoir. Son approche est centrée sur la réflexion « quelle relation est-ce que je veux créer avec mon enfant ? ».

Elle avance ainsi que, faire croire à quelque chose à son enfant, surtout à un âge où c’est difficile de distinguer le vrai du faux, cela pose des questions. Car pour les enfants en dessous de 6-7 ans, c’est difficile à faire la part des choses entre ce qui est réel ou non. 

Si je ne suis pas à 100% l’approche Montessori, je trouve beaucoup de ses idées intéressantes. Et cette approche de Noël me parle, personnellement.

Nous avons décidé de présenter Noël comme une fête et le Père Noël comme un personnage fictif qui y est associé. Nous avons donc décidé de ne pas faire croire au Père Noël, et de le lui présenter comme un personnage d’histoire. Quand je lui lirai des livres qui parlent de Noël et du Père Noël ou que je répondrai à ses questions, je lui dirai que c’est une jolie histoire qui fait rêver, qui donne envie d’y croire, mais qui reste une histoire.

Une décision familiale… ou plus ?

Ce sont les parents qui choisissent s’ils désirent présenter le Père Noël comme réel ou fictif… Et cette première étape dans la décision n’est déjà pas toujours évidente, surtout quand les deux parents ont des avis tranchés et opposés !

Mais l’impact de cette décision ne s’arrête pas là. L’enfant vit dans un système social et sociétal. Il y a la famille élargie, le système de garde de l’enfant (nounou, crèche, école…), les médias (livres, dessins animés, publicités)… 

Je comprends tout à fait les parents qui décident, pour que l’intégration soit plus fluide entre les différents milieux de vie de l’enfant, de préserver une homogénéité de croyances et de pratiques. 

À nouveau, à chacun·e son choix, ses valeurs, ses ressources, son contexte de vie… Il n’y a pas un bon choix dans l’absolu, car nous ne vivons jamais dans l’absolu, mais bien toujours dans une réalité complexe et unique.

Aller au rythme de l’enfant

Les tout jeunes enfants ne posent pas encore de questions, ou très peu, sur Noël. Nous ne sommes pas obligé·es de leur faire un grand discours sur le personnage du Père Noël, son histoire, les valeurs de Noël… dès le départ.

Je recommande davantage de suivre le rythme de l’enfant, à travers ses intérêts et ses questions. 

Et vous pouvez toujours aussi lui demander, lorsqu’il pose une question : « est-ce que tu as une idée ? Qu’est-ce que tu en penses ? … ». Cela permet de sonder d’abord le niveau de connaissance de l’enfant, qui, en grandissant, va glaner des informations à droite à gauche, avec des résultats parfois surprenants !

Noël sans enfant sage

S’il y a une chose sur laquelle, personnellement, j’insiste dans ma parentalité, c’est bannir l’idée d’enfant sage. L’enfant ne mérite pas ses cadeaux. De la même façon qu’il ne mérite pas notre amour. C’est inconditionnel

Cette notion d’enfant sage / pas sage me dérange énormément et mérite d’être posée dans un autre article. En attendant que je le fasse, je vous invite à aller lire ce post sur mon compte Instagram de littérature jeunesse bienveillante @vivre_d_amour_et_de_livres. Des stories sont également enregistrées en story permanente sous le titre « la question du mercredi ». 

J’en profite pour poser juste encore quelques mots sur un autre type de pression liée à Noël : la séance photo sur les genoux du Père Noël. J’aimerais glisser dans vos esprits des réflexions autour du consentement et du plaisir partagé. 

  • Un enfant qui est d’accord d’y aller et prend plaisir à cette scène magique sur les genoux du Père Noël à lui détailler tout le catalogue du magasin de jouets : super ! 
  • Un enfant qui semble mal à l’aise, qui pleure, qui a peur, qui refuse… devrait être écouté. Au risque sinon d’abimer la construction de la relation de confiance, du sentiment de sécurité en votre présence et la notion de consentement et de droit sur son propre corps.

Un Noël sans Père Noël, un Noël sans magie ? 

Comme je le disais plus haut, Noël et la période des fêtes de fin d’année peuvent être pleins de magie… même sans faire croire au Père Noël !

La magie peut être mise à travers de nombreuses petites attentions. Par exemple : 

  • Des décorations : les lumières, les bougies… 
  • des traditions peuvent aussi nourrir la magie au sein de la famille : préparer certains plats, faire certaines activités spéciales ensemble… 
  • mettre en valeur certaines valeurs, comme le partage et l’attention à l’autre. 

Pour ce dernier point, cela peut être fait via des livres, mais aussi par des gestes et rendez-vous quotidiens en famille. Par exemple avec un calendrier de l’avent spécial rempli de petites attentions, pensées et gestes que l’on peut s’offrir… Noël, c’est aussi ça : recevoir et offrir, penser aux autres, cultiver la gratitude … Parce que cela fait partie de mes valeurs et de mes représentations de Noël. 

À nouveau : à chacun·e son histoire, sa culture, ses croyances et ses valeurs. Je trouve cela intéressant de se poser la question du « pourquoi » faire croire ou non, pour prendre du recul. Et prendre cette décision en conscience, et non par habitude. 

Petit aparté : Noël en famille, de la magie aux tensions…

Les fêtes de fin d’années peuvent être synonyme de magie et de rassemblement, mais aussi de tensions familiales. Si cette période est difficile pour vous : sachez que vous n’êtes pas seul·e ! N’hésitez pas à en parler, à solliciter votre réseau ou à faire appel à un professionnel, comme un·e psychologue. Vous pouvez toujours me contacter pour une demande de soutien ponctuel ou un accompagnement parental.

J’espère que cet article vous aura intéressé·e. N’hésitez pas à me partager votre approche et vos réflexions sur ce sujet parfois épineux. (Parce qu’il n’y a pas que le houx qui pique avec les fêtes de fin d’année !). Et chez vous, avez-vous décidé de faire croire au Père Noël ?

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